Sorti en 2019 et réalisé par Dan Gilroy, Velvet Buzzsaw est un thriller fantastique et satirique qui se déroule dans le milieu cynique et spéculatif de l’art contemporain à Los Angeles. Le film commence lorsque l’employée d’une galerie de renom découvre, dans l’appartement foutraque d’un voisin récemment décédé, une série de peintures singulières. Très vite, tous les acteurs du marché de l’art s’emparent de cette œuvre mystérieuse, attirés autant par sa force esthétique que par les profits qu’elle promet. Mais à mesure que les toiles se dispersent dans les galeries, les expositions et les appartements de luxe des collectionneurs, des morts surnaturelles adviennent, toutes liées au contenu des peintures.
Cette oeuvre maléfique est celle de Vetril Dease.
Vetril Dease apparaît pour la première fois dans les registres de Los Angeles en 1930. Il vit alors avec sa mère, son père et sa petite sœur dans un foyer pour déshérités. Neuf ans plus tard, la maison familiale est ravagée par un incendie dans des circonstances troubles. Sa mère et sa sœur y périssent, laissant Dease seul avec son père violent et abusif. Face aux mauvais traitements que subit Dease, les services sociaux le placent à l’orphelinat Good Templars, à South Vallejo. Il y reste jusqu’à ses 18 ans. Il effectue ensuite deux ans de service dans l’armée. Profondément marqué par la dépression et obsédé par son passé, il se met à la recherche de son père. Il le retrouve, le séquestre, le torture pendant plusieurs jours et finit par le brûler vif.
Il se fait arrêter et il est interné pendant près de vingt ans dans un asile psychiatrique pour criminels pathologiques. Il y subit diverses expériences médicales (injections, électrochocs…). À la fermeture de l’établissement, Dease s’installe à Los Angeles et trouve un emploi de concierge à l’hôpital pour vétérans de Sawtelle. Il y travaille pendant quarante-deux ans, menant une existence marginale : sans voiture, sans compte en banque, isolé de tout contact social.
Les peintures de Vetril Dease sont réalisées à partir de pigments mêlés à son sang, utilisé pour les rouges profonds et les ombres. Comme s’il avait infusé sa souffrance dans la matière picturale. Dease aurait laissé pour consigne de faire détruire l’ensemble de sa production à sa mort.
Dans cet article, Kayleigh Donaldson compare le peintre de fiction Vetril Dease à Henry Darger.
Les 27 toiles utilisées dans le film ont été peintes par l’artiste contemporain Saxon Brice, sur une commande précise de la production du film. (source)















































